Je deviens nostalgique ces derniers jours. En effet je me souviens avec amerturme de la vie d'avant. Celle qui etait rythmée en grande partie par les promos de ce groupe.
Je regarde ma boite à souvenir et j'y repense. Je revois mes pancartes, et je ris en revoyant les scènes de Tom & Georg. Je relis les tickets de caisse et je me dis qu'on etait vraiment pauvre. Je regarde mes photos et me dit que si j'avais sut, je n'aurais jamais autant tremblé. On se coupait du monde pendant quelques heures, on etait dans notre bulle avec nos gens, et on etait franchement bien.
On passait des heures sur un trottoir, dans le froid, sous la pluie, sous le soleil, à rire malgrès tout, à boire un petit peu, à fumer beaucoup. A parler, à balayer, à se faire quelques confidences. A dormir. On se foutait du regard des autres, on dormait devant Bercy, devant ces hotels, on etait heureuse, et on emmerdait le monde aimablement. On etait pas rebelle, on buvait pas de panaché en fumant nos cigarettes en chocolat, on etait juste bien, nous. A creer ces quelques amitiés qui sont encore là.
En realité ce que personne n'a jamais compris vis a vis de tout ça, c'est l'effet que cela nous procurait. Passer des jours entiers à attendre, pour voir 10 secondes de bonheur. C'est pas juste ça qui est important. Parce que si c'etait vraiment que de les voirs devant les hotels qui nous interessait, on serait dans la merde hein.
Non, en fait, on est juste entre nous, entre amis, on a la même vision de la vie. Quand on est ensemble, rien d'autre ne compte. Le monde peut s'écrouler, les flics peuvent débarquer, ce n'est pas important. Ce n'est rien comparé au sentiment de bien-être qui nous envahit. On oublie tout, tout ce qui nous fait mal.
A cette époque, l'amour d'un garçon ne comptait pas, on y pensait même pas, les études non plus, rien ne comptait a part nous. Nous et cette vie.
Puis on grandit. Eux aussi. Ils passent à autre chose et sans le vouloir on doit bien se résigner à vivre la vrai vie. Celle qui nous effraie au plus haut point. Les études, l'amour, le travail. On a pas le choix, un jour où l'autre on se rend bien compte que la blague ne peut plus durer, qu'on doit avancer. Que vivre à travers 4 mecs ça ne peut durer indéfiniment.
Alors on se bouge, on va en cours, on bosse, on passe le Bac, on cherche du boulot, on elargit nos horizons, on se fait de nouveaux amis, même si les vrai reste les rencontres faites sous la pluie, dans les beaux quartiers. C'est une nouvelle vie sans eux qui commence, c'est effrayant. Tellement effrayant qu'on continue ces promos, pour d'autres artistes, ou juste pour se voir, juste pour se souvenir, pour se conforter dans l'idée que tout cela n'etait pas un rêve, que toutes ces années ont bien existées.
On se souvient avec le sourire de toutes ces journées, de tous les regards échangés. De tous les bonjours, des foutages de gueules, des commentaires merdiques balancés sur une casquette ou sur des dents.
On connait l'amour aussi, les grosses deceptions. Et j'avoue qu'en déprimant à cause de Dante, j'en viens à me souvenir de toutes ces journées, avec les filles, et les gars, juste nous, nos bouteilles de Pol Remy, nos clopes, nos magasines, nos macdos. Et je me dis que la vie etait tellement simple à cette époque.
On grandit, on évolue. Eux aussi. Ils passent leurs vie à se faire trainer en justice et inversement. La victime typique devient un SeanPaul façon Leader Price et sort avec une femme, oui oui, une vraie de vraie, avec des seins et tout. On se dit niaisement que nos enfants ont grandis, que ce sont des hommes désormais. Je me souviens de cette promo de septembre, ou comment fêter leur majorité en beauté ? Si on avait sut, on aurait pas dépensé tout ce fric.
Les temps changent à ce qu'on dit.
J'ai beau me dire que maintenant c'est fini, que c'est de l'histoire ancienne, en fait non. Loin de là.
En fait, on sait toutes pertinnement que lorsqu'ils se décideront à revenir, on sera toutes là comme au premier jour, et qu'on pardonnera toutes ces absences en quelques sourires et quelques bonjour.
Nous sommes fans, après tout.